Jeudi 13 mars 2008
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La République a fait en sorte, exception faite pour les maires des petites communes, que ses élus soient convenablement rémunérés. Qu’un maire ou un conseiller général ou régional disposent d’une
indemnité qui leur permette, pour peu qu’ils se mettent en congé et remplissent leur mandat à temps plein, d’assurer convenablement leur subsistance et celle de leur famille, quoi de plus
normal ? C’est aussi, d’une certaine façon, lutter contre les tentations de corruption.
Mais lorsque intervient le cumul de plusieurs mandats, comme c’est le cas pour le maire sortant, le législateur a prévu, afin de limiter les ardeurs des plus cumulards dont il se revendique, un
plafonnement qui, selon nos informations, est actuellement fixé à 8.100 €/mois.
Au-delà même de l’impossibilité matérielle qui éclate au grand jour qu’un élu, dans ces conditions de cumul, puisse correctement remplir la totalité des devoirs qu’implique chacun de ses mandats,
ce cumul devient totalement indéfendable pour trois raisons :
- il fait obstacle à une plus grande diversification du personnel politique, source de richesse
pour la démocratie,
- il est malhonnête car il permet de la sorte la rémunération indue d’un travail non effectué ou
mal effectué. C’est ainsi qu’on a appris dernièrement que depuis trois ans, le Conseiller général sortant, de surcroît vice-président du conseil général, n’a pas fait remonter de son canton de
Louviers Sud un seul dossier devant la commission des routes,
- il est injuste lorsqu’on voit chaque jour grandir le nombre des laissés pour compte :
chômeurs, RMIstes, travailleurs précaires, temps partiels subis, retraités du régime général, etc… Qui osera affirmer que, par ailleurs tous frais payés : voiture, chauffeur, restaurant,
etc…, un homme politique ne peut pas vivre avec moins de 8.100 €/mois. C’est faire affront à tous ces électeurs qu’on prétend défendre que de se présenter devant eux pour solliciter leur suffrage
lorsqu’on se trouve soi-même dans cette situation de cumul financier. Et lorsque, de surcroît, on se prétend encore de gauche, cela devient totalement insoutenable.
Au-delà même de la soif de pouvoir qu’il ne parvient plus à assouvir, à telle enseigne qu’il lui fallait en plus de ses autres mandats, celui de député, ce ne sont plus les Lovériens que se
propose de défendre M. F. Martin : c’est à présent, on l’aura compris, son propre pouvoir d’achat.
* A ce sujet voir LA DÉPÊCHE, édition de Louviers, n°8 du jeudi 21 février 2008, p. 20.
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